L'UNIVERS ARTISTIQUE
Dès les premiers plans, on sait que l'on regarde un film signé Tim Burton. L'artiste a un univers visuel et thématique unique et original, sombre et féerique.
Influences :
Tim Burton, enfant introverti, se projetait dans les films de genre, ces films bon marché dans lesquels l'atmosphère primait sur l'histoire, le visuel sur la cohérence narrative.
Ses futures films seront donc influencés par l'esthétique et les thématiques développés par ces œuvres qui l'ont marqué à jamais. Au gré de sa filmographie, il rend ainsi hommage aux films de la Hammer dans Sleepy Hollow, aux films d'Harryhausen par l'emploi de la technique image par image, à l'expressionnisme allemand et au gothique dans Edward aux Mains d'argent et Batman Le Défi. Avec Ed Wood , il a sans doute mis en scène le plus vibrant hommage au cinéma de genre souvent négligé et sujet de raillerie.
Si Tim Burton cite souvent des films cultes dans ses longs-métrage, il ne les copie pas, il les sublime, rendant poétique les nanars d'Ed Wood, géniaux les films de la Hammer et hilarantes des vignettes sur les extraterrestres.
Autres influences évidentes, les littératures enfantines et fantastiques. Les livres du Dr Seuss et de Road Dahl ont fortement influencé l'univers de Tim Burton dont les histoires cachent souvent, comme ces auteurs, une grande mélancolie derrière le masque du divertissement.
L'UNIVERS VISUEL
Noël et Halloween
Pour l'enfant Tim Burton, les fêtes populaires étaient les uniques occasions pour sortir du quotidien maussade d'une ville de banlieue anodine. Il adorait le côté folklorique, presque mystique de ces fêtes et l'atmosphère particulière qui se dégageait.
Les citrouilles et les épouvantails, les guirlandes et les sapins sont donc omniprésents dans le visuel de ses films. Noël est souvent annonciateur d'éléments tragiques : le rejet d'Edward, la fin du rêve de Jack Skellington.
La forêt et les arbres
La forêt est toujours le passage vers un autre monde, l'arbre, une porte de sortie et le vestige d'un passé inquiétant et mystérieux. Le Cavalier sans tête surgit de l'Arbre des mort, Jack Skellington est transporté dans le monde merveilleux de Noël par une ouverture dans un arbre magique, Batman vit reclus au-delà d'une forêt inquiétante. Dans les films de Tim Burton, la nature est à la fois terrifiante et magique.
Les mains
Le geste "terrifiant" de Bela Lugosi dans Ed Wood, le bras qui se détache permettant à Sally de se libérer, les marques sur la main d'Ichabod Crane dans Sleepy Hollow : Tim Burton est obsédé par les mains, qui expriment la finition et la perfection d'un être humain. Edward possède des ciseaux, et c'est cela qui le rend différent, non-humain. Avant d'être un cinéaste, Tim Burton est un dessinateur et ce don lui a permis de fuir son quotidien maussade.
Les têtes
Tim Burton a une fascination morbide et jubilatoire pour la décapitation. De Sleepy Hollow et son Cavalier sans tête qui décapite ses victimes à L'Etrange Noël de Monsieur Jack et ses crânes détachables en passant par Mars Attacks et ses têtes séparés du tronc qui s'embrassent, Tim Burton aime jouer avec les têtes de ses personnages, imposer à celles-ci des transformations et des mutations.
Le gothique
Tim Burton aime particulièrement l'architecture gothique. Le style gothique colle parfaitement à l'univers thématique de Tim Burton, sombre et mélancolique.
L'UNIVERS THEMATIQUE
Le héros Burtonien
Pâle, maigre, les cheveux noirs le plus souvent en bataille, introverti mais passionné, le héros de ses films ressemble à Tim Burton adolescent. Dans les films de genre, le héros est lisse et peu intéressant et on lui préfèrera toujours le méchant machiavélique et tourmenté. Tim Burton aime les personnages complexes, une complexité psychologique qui sied plus aux méchants qu'aux héros surtout à Hollywood.
Le méchant Burtonien
Le méchant est toujours l'opposé du héros, son côté obscur. D'ailleurs dans les films de Tim Burton les héros qui parviennent à prendre le pas " médiatique " sur les méchants, sont ceux qui ont gardé une âme d'enfant.
Autre type de méchant développé par Tim Burton : le méchant contraint et forcé qui ne peut lutter contre son destin. Comme le héros, le méchant dans les films de Tim Burton l'est toujours un peu malgré lui.
L'humour
Les films de Tim Burton seraient seulement tristes et dépressifs, si le cinéaste n'avait pas un sens de l'humour aussi développé. Humour visuel avec des trouvailles absolument géniales, sens du gag et du rythme. Tim Burton a vraiment un don pour faire rire même dans les passages les plus dramatiques. Cela rend ses films jubilatoires et jouissifs et chaque nouvelle vision apporte la découverte de nouveaux gags. Il maîtrise à merveille l'humour noir et macabre.
L'atmosphère avant l'histoire
Tim Burton ne cherche pas qu'à raconter une histoire avec un début, un milieu et une fin mais il veut pour chaque film créer des personnages forts et un univers unique.
De ce fait, de cette volonté d'imposer une atmosphère avant de développer la narration, les films de Tim Burton laissent souvent un incroyable sentiment d'émerveillement visuel.
Le rêve, la fantaisie contre le scientifique et le religieux
Tim Burton déteste le fanatisme et la morale, le rejet des êtres différents et l'obligation de se conformer à un dogme. Que ce soit dans Sleepy Hollow, La Planète des Singes ou encore Edward Aux Mains d'argent, les fanatiques religieux et moraux sont les ennemis des héros innocents et purs, ceux qui les premiers rejettent l'autre, le différent, le profane. L'homme d'Eglise est toujours identifié comme un illuminé dangereux, aveuglé par sa foi et qui pour elle peut tuer. Tim Burton a une méfiance certaine pour la technologie. Ses savants sont soit irresponsables, soit de véritables fumistes. Il aime les contes et les légendes dont l'appréciation morale est souvent libre.