.....................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................Loi non écrite : ne jamais demander le budget d'un film à un gros producteur hollywoodien. Dans le meilleur des cas, il fera semblant de ne pas vous avoir entendu.
C'est à peu près ce qui s'est passé quand on a demandé à Jerry Bruckheimer combien avait coûté le nouveau Pirates des Caraïbes, qui prendra l'affiche la semaine prochaine aux Etats-Unis. Sa réponse fut courte, mais nette : "Je ne sais pas, il faudrait demander aux gens de Disney, c'est leur argent..."
Devant l'insistance des journalistes, le producteur le plus puissant de Hollywood finit quand même par admettre que le deuxième épisode des aventures du capitaine Jack Sparrow était, sur tous les plans, une plus grosse affaire que le premier : "Les acteurs ont eu plus d'argent. Le réalisateur a eu plus d'argent. Les scénaristes ont eu plus d'argent. Bref, tout a été augmenté", lance-t-il. Soit dit en passant : on murmure, entre les branches, que le tout aurait coûté quelques 200 millions de dollars...
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Bruckheimer l'avoue du bout des lèvres : Le Secret du Coffre Maudit est probablement sa plus grosse production à vie. C'est beaucoup dire pour un type qui a commence sa carrière avec Top Gun, et qui a produit des "petits" films comme Armageddon, Black Hawk Down et Pearl Harbor.
Dans le cas des Pirates, il était tout simplement logique de revenir avec quelque chose de plus ambitieux. Après le succès totalement inattendu de La Malédiction du Black Pearl en 2003 - plus de 600 millions au box-office international -, Disney a demandé au producteur de concocter une suite. Enthousiaste, Bruckheimer a renchéri : et si, tant qu'à faire, on en faisait un troisième ? Tout le monde a trouvé l'idée très bonne. Et ce qui ne devait être en 2003 qu'un sympathique film estival, s'est transformé en trilogie grandiose. Le troisième volet, pratiquement déjà tourné, sera lancé sur les écrans à l'été 2007.
"Pourquoi faire les épisodes 2 et 3 d'un seul coup ? C'était la seule façon de garder tout mon monde, explique Bruckheimer. Autrement, il aurait fallu attendre cinq ans avant de voir le chapitre suivant. C'était beaucoup trop long..."
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Johnny l'antistar
Le succès du premier Pirates des Caraïbes n'a pas seulement surpris Disney et Bruckheimer. Il a aussi fait exploser la réputation d'un certain Johnny Depp, dans le rôle du veule mais ô combien sympathique capitaine Jack Sparrow, un pirate au profil peu orthodoxe.
Avec plus de 25 films derrière la cravate, Johnny Depp était loin d'être un inconnu avant de faire La Malédiction du Black Pearl. Mais ses films un peu excentriques et ses choix de vie non hollywoodiens l'avaient cantonné dans un rôle de vedette plus ou moins marginale.
Pirates des Caraïbes a complètement changé la donne. En trois ans et deux films (l'autre étant Charlie et la Chocolaterie), Depp est devenu une vraie superstar, récoltant même au passage une nomination aux Oscars : le beau petit Johnny fait désormais partie des grands.
Heureusement, Depp a le triomphe modeste. Quand il se présente en conférence de presse, il est loin de jouer aux vedettes arrogantes. Chapeau sur la tête, barbichette, dents en or (Jack Sparrow a encore quelques scènes à tourner), il répond aux questions en marmonnant, le regard presque fuyant, comme s'il était gêné d'être là.
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N'allez pas croire que Johnny «l'antistar» renie l'immense succès de Pirates des Caraïbes. Au contraire. Même si le box-office est loin d'être sa priorité, l'acteur ne crache pas sur la réussite commerciale. Surtout quand un rôle lui colle aussi bien à la peau. Pas étonnant qu'il ait accepté sans hésiter de remettre les bottes du capitaine Jack Sparrrow.
"Cela me semblait tout simplement naturel, lance-t-il. Il y a de ces personnages, comme ça, qui semblent prendre racine à l'intérieur de soi. Ce sont des personnages qui continuent à t'habiter, même quand le tournage est terminé. Raoul Duke, dans Las Vegas Parano, en était un. Jack Sparrow en est un autre. C'est drôle à dire, mais ce sont des rôles sécurisants. Parce qu'à un certain moment, on se sent en parfait contrôle du personnage."
Depp, soit dit en passant, n'est pas le seul comédien à avoir rappliqué pour le reste de la trilogie. D'Orlando Bloom à Keira Knightley, toutes les vedettes du premier opus sont de retour dans Le Secret du Coffre Maudit. Idem pour le réalisateur Gore Verbinski et le tandem de scénaristes Ted Elliott et Terry Rossio.
Beau défi, pour ces derniers, de créer une suite pour un film qui, au départ, n'avait pas prévu d'en avoir.
On se rendra compte de tout ça le 2 août...
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